Installée au Brûly-de-Couvin, Amande (Amandine Lambotte) vient d’exposer lors du dernier concert de Solidarock, organisé au Bastion du Dauphin. Elle a bien voulu commenter ses toiles pour @rdenne-mag.
Femme des Années Folles
Amandine Lambotte aime mélanger les textures et les supports. Si les bases de son art sont académiques, elle s’est affranchie des règles pour se livrer à des expérimentations parfois surprenantes.
« Pour obtenir du relief», explique l’artiste, « j’ai mélangé du café soluble à l’encre de chine. La texture est très glueuse. J’aime le côté « matiériste » de la chose. Je trouvais cela intéressant, mais je n’ai utilisé cette technique que pour la robe. Le détail des yeux, de la chevelure sont travaillés au pinceau, à l’encre de chine. J’ai pris le temps de le faire, mais j’aimais le contraste entre les deux techniques ».
La sensualité féminine
Pendant ses études, la jeune brulysienne a suivi des cours avec modèle vivant, huit heures par semaine. « Je préférais peindre une femme, parce que c’est un sujet plus riche », estime-t-elle. « La femme a un petit côté mystérieux. Elle est ce qu’elle est, tandis que l’homme doit prouver qui il est à travers ce qu’il fait. C’est un peu la vision que j’ai ».
Amande se dit assez étonnée par les commentaires qu’on fait de ses toiles.« On me dit qu’elles sont sensuelles, mais pas érotiques. Même si des parties du corps sont montrées, très charnelles, j’ai voulu représenter dans ces neuf tableaux la femme, la féminité, la bouche, les cheveux, le bassin… Mais je n’ai pas exagéré. J’ai peint les femmes comme elles existent. D’ailleurs, la femme qui est de dos, j’ai souhaité la représenter en chair. Je n’ai pas voulu faire une femme aux mensurations 80-60-80. On m’a fait des remarques positives. Alors, je me suis dit : C’est bien. Le message que j’ai voulu transmettre est finalement passé ».
Les Années Folles
On ne le dira jamais assez, mais Amandine Lambotte adore les années 30, durant lesquelles les femmes étaient féminines sans l’être tout à fait – du moins selon les critères masculins. Selon l’artiste, les « garçonnes » ont revendiqué et assumé une féminité différente. Puis sont venues les années Simone de Beauvoir, annonciatrices d’une émancipation de la femme. Amande n’en démord pas : « Pour moi, les belles années, c’étaient les Années Folles. On était féminines, mais en faisant les mêmes choses que les hommes ».
Grand-mère ou sorcière
En lisant cet été Albert Meyrac et Maurice Vandeweyer, Amande s’est rendu compte que les légendes et contes ardennais (de Belgique et de France) mettent souvent en scène des femmes qualifiées de sorcières. « On les a condamnées pour rien », s’indigne la jeune femme, qui souhaite travailler dans le tourisme et devenir conteuse.
Les malheureuses étaient torturées puis brûlées vives. « C’était de la folie », explose-t-elle. « Je trouve que la femme a une place très importante dans la société. C’est pourquoi, entre autres raisons, je la peins ».
« Celle-ci, je l’ai peinte comme une grand-mère, comme la mienne en fait. Une femme ridée, simplement. Je ne l’ai pas représentée exagérément, mais plutôt comme une vieille femme qui travaille un peu les plantes, à l’écart de ce monde, parce qu’elle connait certaines choses. On irait la voir aujourd’hui en disant : Mamie, qu’est-ce que tu me pourrais me donner pour ma toux »?
Appliquant sa définition du clair-obscur, Amandine Lambotte a représenté la sorcière avec un œil clair et l’autre obscur. « Cette femme est un peu le mélange de l’aïeule et de la sorcière », concède-t-elle en souriant.







