La réhabilitation de la cité ouvrière lovée entre la rue Waldeck-Rousseau et la place Jean Jaurès vient d’être entérinée lors d’une réunion qui les différents partenaires. Les premiers locataires devraient pouvoir emménager en 2015.

La cité Paris campagne en 2009. Crédit photo : J. Philippot - Service Régional de l'Inventaire de Champagne-Ardenne)
Ses concepteurs le qualifient de « projet de réhabilitation ambitieux pour un patrimoine exceptionnel ». La Cité Paris Campagne va sortir de l’état comateux dans lequel elle était plongée depuis plusieurs années.
Ces deux ensembles en brique qui se font face de part et d’autre d’une petite rue ont été construits peu après la Première Guerre mondiale par la Sté Brichet, Biond et Cie, aujourd’hui disparue, comme tant d’autres fonderies locales, pour y loger ses ouvriers. A l’origine, la cité comptait 24 logements avec étage, cave et jardin.
D’un intérêt architectural indéniable, ses façades font penser au Familistère de Guise (Aisne) avec ses jeux de couleurs. Chaque façade de la cité revinoise est ornementée par un décor personnalisé de briques émaillées jaune clair ou blanches disposées en figures géométriques au-dessus des fenêtres et des portes. Certains linteaux sont constitués de poutrelles d’acier riveté.
Dans les années 2000, la cité avait été achetée par un propriétaire privé qui avait tenté de la rénover. Des dégradations répétées, commises pendant les travaux, l’avaient contraint à arrêter le chantier. La ville avait racheté les immeubles dans l’attente d’un projet immobilier… qui tardait à se concrétiser. Les anciens locataires de Paris Campagne se désolaient de voir péricliter ce pan de l’histoire ouvrière.

Maryse Brimont, présidente du directoire de la SAUES Habitat Pact s'est déclarée très attachée à la sauvegarde d'un ensemble architectural aussi exceptionnel que la cité Paris Campagne.
Un financement en cours
Au printemps 2010, les responsables de la SAUES Habitat PACT ont rencontré à sa demande Philippe Vuilque, député-maire. Les négociations se sont conclues en décembre de la même année par le rachat du lot immobilier pour 532 000 €. Le coût des travaux de rénovation est estimé à 2 050 000 €.
Société d’économie sociale à but non lucratif, Habitat Pact a été créée en 1996. Elle est reconnue Service Social d’Intérêt Général et vient de recevoir l’agrément MOI début 2011. Sa vocation est de produire des logements très sociaux (PLAI / LCTS) en rénovant des immeubles dégradés.
Ce réseau associatif – le premier de France au service de l’habitat – est issu de la Ligue Nationale contre le Taudis, qui a donné naissance au premier Pact en 1942 (Propagande et action contre les taudis).
Les travaux de réhabilitation de la cité Paris Campagne sont estimés à 2 050 000 €. La participation de l’Etat se chiffre à 467 000 €. La fondation Abbé Pierre pourrait verser 280 000 € au pot. Quant à la Caisse des Dépôts et Consignations, elle a donné son accord pour un prêt à hauteur de 1 310 000 €.
Habitat Pact compte prospecter du côté du Conseil Régional, de l’Ademe et d’autres partenaires, d’autant plus qu’elle a encore besoin de 600 000 € pour boucler son plan de financement.
Des logements très sociaux
Il est prévu d’aménager 18 logements, dont 5 accessibles aux personnes à mobilité réduite. Les anciennes extensions réalisées à l’arrière des bâtiments seront démolies et remplacées par d’autres avec une ossature bois. Si le nombre d’habitations a diminué, c’est pour offrir plus d’espace aux familles. L’ensemble du projet couvre une surface habitable de 1 741 m².
Un gros effort va être réalisé au plan des économies d’énergie, l’objectif étant un gain de 80 %.Sauf imprévu, les travaux devraient commencer dès 2013. Ils dureront 21 mois pour une livraison des logements en 2015.
Des mesures de sensibilisation à l’éco-réhabilitation pourraient être entreprises auprès des artisans. Un accompagnement collectif des habitants devrait être mis en place (développement durable, maîtrise des énergies, ateliers éco-logement ou éco-jardin).

