Le département des Ardennes ne comptait jusqu’à présent aucune femme Soldat de France. C’est désormais chose faite. Cet oiseau rare vient d’intégrer la section locale UNC, à la grande satisfaction de son président Michel Sage. La jeune femme a effectué sa première sortie, en tant que porte-drapeau, lors du défilé du 14 Juillet.

Le défilé a démarré au pied du Malgré-Tout, sous la pluie. Pas de quoi décourager le nouveau porte-drapeau de l’UNC revinoise. (Photo @rdenne-mag)
Sandrine Billy, 34 ans, célibataire, est une Revinoise pur jus. Loin de la caricature du garçon manqué, cette brunette ne masque pas sa féminité. Mais elle n’en fait pas étalage non plus. L’essentiel est ailleurs. Dans le respect du drapeau, l’amour de la patrie.
Pour défendre ses valeurs, elle a choisi de s’engager dans l’Armée française. Mais la vie ne lui a pas fait de cadeau. Après avoir passé une année à Metz, au 1er Régiment médical, elle a dû se résoudre à démissionner. « J’ai eu un problème de famille, explique-t-elle pudiquement. J’ai demandé ma mutation pour me rapprocher de sa mère, qui travaille à la Poste de Revin, mais je ne l’ai pas obtenue. »
Revenue au pays, la jeune femme se trouve actuellement en recherche d’emploi. Si le 3ème Génie n’a pas pu accueillir la soldate professionnelle, il lui a ouvert ses portes en tant que réserviste, ce qui permet à l’Ardennaise de garder un lien avec la Grande Muette.
Soldat féminin de France
Toujours à la recherche de nouveaux adhérents, Michel Sage a pris contact avec la jeune femme et lui a demandé d’intégrer la section. Comme personne ne peut résister à « Zébulon », la jeune femme a acquiescé.
Aussitôt adoubée, Mlle Billy se voir proposer la charge de porte-drapeau. « J’ai répondu oui, se remémore l’ex-militaire, car c’est une fierté de porter le drapeau. » Il faut dire que dans sa famille, la patriotisme est une valeur sûre. Sandrine est la nièce de Claire André, présidente de la section revinoise des FFI.
Sandrine Billy est le premier soldat de France féminin des Ardennes. « On donne ce nom à toute personne qui a porté l’uniforme français hors conflit », explique M. Sage, lui-même soldat de France en tant qu’ancien pompier. Désormais, de nombreuses personnes peuvent prétendre à ce qualificatif : sapeurs-pompiers, membres de la Protection civile, gendarmes, personnels de l’ONF ou des Douanes.
Il ne faudrait pas croire que la nouvelle recrue ait à faire avec des machos au sein de l’UNC. « On veille sur elle », assure Raoul Hellebout, vice-président de la section, avant de poursuivre : « Nous sommes fiers de voir un porte-drapeau féminin, qui a servi sous les armes. »
Un peu prise de court par l’attention dont elle est l’objet, Sandrine Billy hésite avant de partager l’émotion qu’elle a ressentie en portant le drapeau pour la première fois. Ses yeux brillent, embués par les larmes naissantes. « C’est une fierté, un honneur. J’en ai ressenti beaucoup de plaisir », lâche-t-elle avec humilité.
Ancien militaire, M. Hellebout est heureux de voir la jeune génération assurer la relève. « Il en faudrait beaucoup comme elle », conclut-il en la couvant d’un regard paternel.


